Mort de Michel Corajoud, créateur du parc de la Villeneuve
Le parc Jean Verlhac de nos jours. (crédits : Le Crieur de la Villeneuve, Benjamin Bultel)

Michel Corajoud, le paysagiste qui a conçu le parc de la Villeneuve, renommé en parc Jean Verhlac, est mort mercredi 29 octobre 2014, à Paris.

Né en 1937, il a notamment aménagé le parc de Gerland, à Lyon ou le parc du Sausset, en Seine-Saint-Denis. Le parc de la Villeneuve était le premier parc créé par Michel Corajoud. Voici ce qu’il en disait en 1980 :

Le parc de la Villeneuve, ici lors de la construction, a été conçu par Michel Corajoud. (crédits : Gérard Dufresne)

Le parc de la Villeneuve, ici lors de la construction, a été conçu par Michel Corajoud. (crédits : Atelier Corajoud, Gérard Dufresne)

« Entre 1970 et 1971, moment où je dessinais le parc de la VilleNeuve de Grenoble, j’étais fasciné par les paysages ruraux, par les campagnes anciennes où l’arpentage et le travail des champs restent soumis aux contingences d’un pays. Paysages superbes et singuliers parce que la géographie locale et la géométrie rapportée du paysan ont, depuis longtemps, les mêmes rapports complices. […] Je voulais donc que le projet du parc transfère, d’une manière ou d’une autre, sur cet espace laissé libre de toutes constructions, certains signes et figures capables de témoigner de l’attachement que j’ai, bien que citadin de longue date, pour mon histoire paysanne. »

Assez critique sur son travail, il regrettait, dans ce même texte, l’effacement des paysages antérieurs au parc :

« À cette époque, l’idée de nouveauté l’emportait sur tout autre critère, ce qui explique pourquoi on a nommé ce quartier « la Ville-Neuve ». Or, ce terrain avait une histoire dont il portait les indices visibles (les anciennes pistes d’un aéroport, les limites de parcelles de jardins ouvriers etc…) et je dois reconnaître que mon projet a largement contribué à l’effacement de ce réseau de signe. Je sais donc aujourd’hui, que j’ai trahi la notion que je prétendais défendre, celle de l’antériorité du site, de la contingence et de la circonstance. Certes le parc de la Ville-Neuve parle du rapport de la ville et de la campagne, mais il en parle en termes généraux, c’est un projet emblématique. Or, j’ai appris depuis que le paysage résiste aux généralités. »