Ciné-Villeneuve présente Rouge gorge
Le film Rouge gorge sera projeté le lundi 16 mars, à 20 heures, à la salle polyvalente des Baladins. (photo : image extraite du film)

Ciné-Villeneuve présente en projection exceptionnelle hors programmation, lundi 16 mars, à 20 heures, à la salle polyvalente des Baladins, le film Rouge gorge, de Marie-Pascal Dubé. La projection aura lieu en présence de la réalisatrice et sera suivie d’une démonstration de chants inuits. Thèmes abordés, synopsis, avis, Ciné-Villeneuve vous raconte tout sur le film.

Le film

Affiche du film.

Rouge Gorge raconte l’histoire d’un son. À l’âge de 8 ans, Marie-Pascale Dubé a commencé à émettre un son rauque. C’est l’instrument du chant de gorge inuit, le katajjaq. Cette découverte et la quête dans laquelle elle s’est engagée a bousculé sa vie. En apprenant à pratiquer ce chant avec une Inuk, elle rencontre le peuple inuit d’aujourd’hui. En écoutant leur histoire, elle entrevoit également la sienne, intime et collective.

D’après Wikipédia, « les Inuits sont un groupe de peuples autochtones, vivant dans les régions arctiques de l’Amérique du Nord, partageant des similitudes culturelles et une origine ethnique commune. Il y a environ 150 000 Inuits vivant au Groenland, au Canada et aux États-Unis. Les Inuits ne sont pas considérés comme des Amérindiens puisque leurs ancêtres seraient venus en Amérique plusieurs millénaires après l’arrivée des Paléoasiatiques, les ancêtres des Amérindiens. En fait, les Inuits sont davantage similaires aux peuples habitant les régions arctiques asiatiques qu’aux peuples amérindiens. Il ne faut pas non plus confondre les Inuits avec les Innus qui sont un peuple amérindien vivant dans la forêt boréale canadienne du Nord-Est du Québec et du Labrador. »

La réalisatrice, Marie-Pascale Dubé, explique, dans sa demande de financement participatif : « C’est un film qui puise dans les racines autochtones d’Amérique du Nord. Je me plonge dans cette partie de l’Histoire en apprenant le chant de gorge avec une Inuk. J’ai toujours fait ces chants sans savoir pourquoi; comme si un morceau d’histoire méconnue était en moi. Rouge gorge révèle une histoire, un peuple, un chant.

La réalisatrice Marie-Pascale Dubé.

« Rouge gorge est un objet hybride qui chante sans mot, avec des sons de gorge, qui raconte une partie de l’histoire passée sur les terres canadiennes d’un point de vue autochtone ; qui passe par la France et traverse le Québec pour observer les gens qui y vivent aujourd’hui ; qui dit que le corps se souvient des morceaux qui le composent, mais que la tête a oublié et dont, un jour, on a besoin de se souvenir.

« Pour retracer cette partie de l’Histoire, il faut que j’aille à sa source : que je fasse vivre la squaw qui vit en moi. Je suis née avec des « symptômes » d’autochtone (peau mate, fascination pour le chant de gorge, goût marqué pour l’eau froide des rivières et le poisson cru…). Il y a quelques années, j’apprenais que j’avais très probablement du sang amérindien…

Chant de gorge, image extraite du film.

« Le chant de gorge est le fil conducteur de mon film, non seulement parce qu’il me fascine, mais aussi parce que c’est le moyen de communication privilégié des autochtones. Même si leurs chants ont peu de mots, leur signification est riche en histoires – ils portent la mémoire du peuple. L’objectif du film est de « vivre » l’histoire pour mieux la raconter. Ainsi l’action se promène du Nunavut à la France, et partout où il faut aller au Québec pour chercher leur vérité. En prenant le parti des autochtones, on va au cœur de l’histoire, pour comprendre leur version des faits. Tous les lieux visités et les gens rencontrés ont un lien avec eux. Les échanges avec d’autres communautés serviront de complément, comparaison ou virgule entre deux séquences. Ces points de comparaison sont aussi utilisés avec la France, auprès de ma famille. Ces sauts d’une culture à l’autre seront là pour souligner les contrastes entre la tradition française, québécoise et autochtone sur un même plan.

« Le film est parsemé de clins d’œil qui soulignent les différences et ressemblances entre peuples qui se sont croisés, influencés, éloignés puis rapprochés. Il faut se déplacer, aller chercher ces maillons manquants de l’histoire.

  • Avec humour, je me prends pour une squaw à la recherche de son identité.
  • Avec rigueur, Rouge gorge va à la rencontre d’un peuple en remontant dans l’Histoire afin de mieux comprendre ce qu’il s’est passé il y a des siècles.
  • Le point de départ, c’est l’apprentissage d’un chant qui leur appartient. »

Langues

Le film est en trois langues : français, anglais et inuktitut. L’inuktitut est l’un des quatre grands ensembles dialectaux de la langue inuit, les trois autres étant l’inupiaq, parlé en Alaska, l’inuktun, parlé dans le Nord-Ouest canadien, et le groenlandais, parlé au Groenland. L’inuktitut est parlé par près de 30 000 personnes dans l’Arctique oriental canadien, au Québec (dans le Nunavik), dans l’île de Baffin, et dans le Nunavut (où il a le statut de langue officielle), et est utilisé dans la signalisation routière trilingue (anglais, français et inuktitut). Pour les passionnés, voir ci-après un panneau STOP et un extrait d’alphabet, ainsi que le drapeau du Nunavut :

Montage : panneau stop trilingue, drapeau du Nunavut et alphabet inuit.

Fiche technique

Réalisation : Marie-Pascale Dubé
Image : Julie Guignier & Marie-Pascal Dubé
Montage : Anne Lacour
Son : Claude Sophie Périard & Maryline Morin
Participation : Charlotte Qamanik (la mentor inuit de Marie-Pascale)
Production : Films de l’Œil Sauvage (France) et Périphéria Inc. (Montréal).

Le film est soutenu par la région Rhône-Alpes et il est projet lauréat de la Bourse Brouillon d’un Rêve 2016 avec 4335 euros.

Distinctions

Janvier 2019 : FIPADOC (Festival International Documentaire à Biarritz), sélection Les Remarqués (sélection resserrée de 19 films sur une grosse centaine de films sélectionnés).

26 février 2019 (Montréal) Première mondiale au Rendez-Vous Québec Cinéma.

28 juin 2019 : 33e édition du Festival du Film de Pärnu dont l’objectif est de soutenir la conservation des cultures des peuples indigènes à travers des films documentaires et scientifiques. Rouge Gorge reçoit la mention d’honneur et compte parmi les trois finalistes du Grand Prix.

La réalisatrice : Marie-Pascal Dubé

Marie-Pascale Dubé, née à Montréal le 3 avril 1987, a une mère Française, un père Québécois et un arrière-grand-père sans doute Amérindien.

Enfant, Marie-Pascale a commencé à émettre un son rauque. Jeune adulte, elle découvre que c’est l’instrument du chant de gorge inuit, le katajjaq. Cette découverte et la quête dans laquelle elle s’engage a bousculé sa vie. En apprenant à pratiquer ce chant avec une Inuk, Charlotte Qamaniq, elle rencontre le peuple inuit d’aujourd’hui. En écoutant leur histoire, elle entrevoit également la sienne, intime et collective. Elle déclare : « Depuis que ce son est sorti naturellement de ma gorge, enfant, je me sens attirée par les peuples Autochtones. En retraçant la généalogie de ma famille, je plonge dans celle du Québec et ouvre un pan occulté de son Histoire. Un parcours qui me mène dans le Grand Nord à la rencontre du peuple inuit. Le chant de gorge est ma porte d’entrée dans une culture loin de tous mes repères. »

Elle est actrice au cinéma et au théâtre, auteure et interprète de performances. Diplômée en 2009 en cinéma profil réalisation de l’UQÀM (Université du Québec à Montréal), elle démarre sa carrière professionnelle à Paris, où elle est assistante de réalisation et cheffe monteuse pendant plus de 6 ans auprès notamment du cinéaste Stan Neumann avec qui elle a surtout travaillé comme monteuse pour une collection de 10 films de 26 minutes pour Arte qui retrace l’histoire de la photographie. En plus de se plonger dans la réalisation de film à valeur historique, cette situation géographique lui permet de se rapprocher de son identité française. Et en prenant des distances avec le Québec, elle pense mieux comprendre la diversité culturelle qui l’habite, et qui l’a poussé à faire Rouge Gorge, son premier film comme réalisatrice ! Elle vit désormais entre la France et le Canada où elle développe ses activités scéniques et se consacre au jeu (comédienne) et à ses réalisations cinématographiques (réalisatrice).

Les critiques

Le film n’a pas été diffusé, mais seulement présenté dans des festivals, dont en France à La Salette et à Autrans, en novembre et décembre 2019. Il sera présenté en mars 2020 à La Mure, Besançon, Strasbourg… Il n’y a donc, aujourd’hui, aucune critique disponible…

La bande-annonce

À voir et à écouter

Et, à ne pas manquer, la discussion au sujet du documentaire entre Marie-Paule Dubé et Michel Désautels sur Radio-Canada le 24 février 2019 :

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/desautels-le-dimanche/segments/entrevue/107382/documentaire-rouge-gorge-rendez-vous-quebec-cinema-marie-pascal-dube

Et ceux qui se passionnent pour le chant de gorge peuvent écouter l’émission de France Culture du 16 mars 2017« Au-dessus des têtes » :

https://www.franceculture.fr/personne/marie-pascale-dube

Rouge gorge (titre anglais : Deep Song)
Documentaire (Canada, France), 2019
De Marie-Pascal Dubé
90 min
Lundi 16 mars, 20 heures, à la salle polyvalente des Baladins, 85 galerie des Baladins
Adhésion à Ciné-Villeneuve : enfants et précaires : 1 € ; adultes : 5 € ; soutien : 10 € ; donnant droit à tous les films de la saison 2019-2020, hors projections à l’Espace 600.