Le Barathym devrait arrêter la restauration
Lors de l'assemblée générale du Barathym, vendredi 18 mai. (photo : BB, Le Crieur de la Villeneuve)

Face au serrage de vis budgétaire, entre baisse des subventions publiques et arrêt des contrats aidés, le café-restaurant associatif, installé au Patio, devrait arrêter son activité de restauration en juin. Au grand dam des habitants.

Il y a des graphiques plus parlants qu’une longue explication. Celui présenté par le Barathym lors de son assemblée générale, le 18 mai, montre une baisse constante de l’équipe : de cinq salariés fin 2015, le café-restaurant est tombé à trois, en mai 2018, pour ne plus en avoir qu’un à la rentrée de septembre.

Sur la paille, le café ne peut pas renouveler les contrats de ses salariés. La faute au « contexte général de baisse de subventions [le café associatif a perdu 35 000 euros de recettes, entre l’arrêt des aides des contrats aidés et la fin d’une subvention de 9 000 euros de la Métro suite à l’arrêt des achats groupés, ndlr] et à une forte augmentation des charges salariales suite à l’arrêt des contrats aidés [lire l’article Fin de partie pour les contrats aidés, ndlr] » explique Thomas Pedron-Trouvé, ancien coordinateur du café et membre du conseil d’administration de l’association, en introduction de l’assemblée. Une situation financière délicate qui avait déjà conduit le café à arrêter certaines activités, comme les achats groupés ou les ateliers parents-enfants du mercredi.

Les membres du conseil d’administration ont donc proposé d’arrêter la partie restauration, une des trois activités principales du Barathym, avec le café et le traiteur. Pourtant le chiffre d’affaire de la restauration — qui représente les quatre cinquièmes du chiffre d’affaire total — a augmenté de 13 % entre 2016 et 2017. Mais la maintenir obligerait à renouveler le poste de la cuisinière, chose impossible dans la situation financière actuelle.

L’annonce de cette décision a suscité la colère des habitants, qui craignent la fermeture de ce commerce de proximité. « Je le vis comme une sanction ! » témoigne une habitante. Surtout que le Barathym participe au rayonnement du quartier et « attire une clientèle extérieure au quartier, qui en a besoin », raconte une autre.

Alain Denoyelle, adjoint à l’Action sociale à la mairie de Grenoble, représentait la ville lors de l’assemblée. Il a annoncé que la ville maintiendrait sa subvention de 15 000 euros l’année prochaine.

Le conseil d’administration nouvellement élu aura la tâche de garder le Barathym à flots selon trois axes : « maintenir un lieu de convivialité ; consolider le projet associatif et rechercher un nouveau modèle économique pour, pourquoi pas, relancer une petite restauration. » Le Barathym fermera le 22 juin au soir, pour tout l’été, suite aux travaux prévus dans le Patio, et ré-ouvrira, pour la seule partie café, en septembre.

Mise à jour  du 23 mai : la première version de l’article mentionnait une subvention de 35 000 euros de Grenoble-Alpes Métropole. Ce montant cumule en fait une subvention de 9 000 euros de la Métro, versée pour les achats groupés, subvention qui a été logiquement stoppée suite à l’arrêt des achats groupés, et le cumul des aides reçues par l’État au titre des trois contrats aidés dont bénéficiait le café-restaurant.