Femmes de musique et de combat
Les membres du cours d'aéroboxe de Kiap. Au centre, accroupies, Leïla Bourechark et Assia Zarzakh, les deux coaches. (photo : Brahim Wazizi, Kiap)

L’association Kiap propose des cours d’aéroboxe, sport qui mêle aérobic et boxe, deux fois par semaine. Le Crieur a été voir comment se passaient ces séances tout en musique.

Échauffement, chorégraphies pêchues, parcours de cardiotraining. Des sportives de tous niveaux s’entraînent à l’aéroboxe, au gymnase des Trembles, sous l’œil attentif des coaches Assia Zarzakh et Leïla Bourechark. Deux fois par semaine, une soixantaine de femmes pratiquent ce mélange d’aérobic et de boxe. La moitié vient de Villeneuve, l’autre de bien plus loin, certaines même de Vizille.

Un succès surtout lié au fait que ces cours soient réservés aux femmes : « Nous avons à la fois des mamans, des étudiantes, des femmes qui travaillent. Ça va de 16 à 60 ans et on ne refuse personne ! » se réjouit Assia. Loin des regards masculins ou du jugement sur l’apparence, les cours se déroulent dans une ambiance conviviale, où chacune peut s’exercer, dans la limite de ses capacités physiques.

Sofia, une participante, explique en reprenant son souffle : « Je viens de Sassenage pour l’aéroboxe, alors que je commence le travail à 6 heures. Je cherchais une salle avec seulement des femmes, je me sens trop jugée avec mon voile quand je vais ailleurs. » Naïma précise : « On est entre filles ici, il n’y a pas de compétition. Souvent, quand il y a un groupe de femmes, on réduit tout de suite ça au sujet du voile, alors que c’est beaucoup plus que ça ! Ici, on se retrouve en tant que femme, dans notre corps et dans notre esprit. »

Endurance et persévérance

Katia, habitante du quartier, pratique l’aéroboxe depuis septembre : « Ce qui me plaît ici, c’est qu’on fait du sport. C’est important, quand on est maman, de se vider l’esprit. »

Après plusieurs années de pratique de l’aéroboxe avec la championne de boxe Myriam Dellal, Assia et Leïla ont décidé de se former pour enseigner à leur tour : « Ça a commencé doucement, entre copines, il y a cinq ans. » Finalement, l’association Kiap leur a trouvé un local attitré à Villeneuve.

Après les étirements, les femmes reprennent leur souffle et se lancent quelques blagues. En partant, plusieurs remercient Assia et Leïla. Pour la coach, voir ces femmes repartir épanouies est une récompense : « Je sais que je leur ai apporté quelque chose. »